Un musée à ciel ouvert : les rues de Schaerbeek qui portent un nom d'artiste
Vous habitez peut-être rue Gallait, vous prenez le tram à Vinçotte ou vous retrouvez des amis place Verboekhoven sans savoir qui étaient ces personnes. À Schaerbeek, le plan des rues se lit comme le catalogue d'un musée de l'art belge du XIXe siècle. Ce guide vous emmène dans 53 rues et places qui portent le nom de peintres, de sculpteurs et d'architectes, quartier par quartier, pour que vous puissiez en faire une balade.
Comment un village est devenu le « faubourg des artistes »
Vers 1800, Schaerbeek était un village agricole d'environ 1.100 habitants, connu pour ses griottes et pour les ânes qui les portaient aux marchés de Bruxelles. Puis la ville est arrivée. La rue Royale a été prolongée vers l'actuelle place de la Reine à partir de 1828, la gare du Nord a ouvert dans les années 1840 et tout un quadrillage de nouvelles rues s'est développé autour. En 1899, la commune comptait plus de 64.000 habitants.
Les artistes ont suivi les chantiers. Les terrains étaient moins chers qu'à Bruxelles, les nouveaux quartiers étaient agréables et la nouvelle bourgeoisie achetait des tableaux. Le site de la commune décrit cette période par un surnom : le « faubourg des artistes ». Des peintres comme Eugène Verboeckhoven, Louis Gallait et Alfred Verwée y ont vécu et travaillé. Le sculpteur officiel du jeune État belge, Guillaume Geefs, est même devenu bourgmestre de Schaerbeek (de 1852 à 1861).
Lorsque la maison communale a ouvert place Colignon en 1887, la commune a créé sa propre collection d'art pour « mettre la beauté à la portée du peuple ». Sa commission des Beaux-Arts réunissait des artistes locaux, dont plusieurs ont aujourd'hui une rue dans ce guide. La collection compte désormais plus de 1.700 œuvres.
Les nouvelles rues avaient besoin de noms, et la commune a choisi ses artistes. Une première vague, autour de la place Colignon et de la Cage aux Ours, rend hommage aux grands maîtres flamands et aux grands peintres du XIXe siècle. Plus tard, dans les quartiers Josaphat, Helmet, Meiser et Diamant dessinés à partir de 1896 par l'ingénieur communal Octave Houssa, ce sont souvent des artistes qui avaient vécu à Schaerbeek. Selon la commune, environ un quart de ses rues portent le nom d'un artiste.
À propos des musées. Pour chaque artiste, nous indiquons si des œuvres font partie de la collection des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles, notre musée national d'art. Toutes les œuvres ne sont pas exposées en permanence : vérifiez avant votre visite.
1. Autour de la place Colignon et de la Cage aux Ours
Rue Gallait. Louis Gallait (1810-1887) est né à Tournai dans une rue appelée rue aux Rats. Elle a ensuite été rebaptisée en son honneur. Son immense tableau d'histoire L'Abdication de Charles Quint l'a rendu célèbre dans toute l'Europe en 1841. Il est mort à Schaerbeek. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent des dizaines de ses œuvres, dont une version de L'Abdication et La Peste de Tournai.

Rue Rubens. Pierre Paul Rubens (1577-1640) n'a guère besoin de présentation. Aidé par un atelier très actif, le maître anversois a produit environ 1.400 tableaux, tout en étant aussi diplomate. Les Musées royaux des Beaux-Arts possèdent un ensemble important de ses œuvres, des esquisses à l'huile comme La Chute d'Icare jusqu'aux grands retables.

Rue Verhas. Jan Verhas (1834-1896) a peint les enfants de la bourgeoisie belge avec un regard aiguisé. Sa Revue des écoles en 1878, où des élèves défilent devant le roi Léopold II, se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts. Verhas est mort chez lui, à Schaerbeek, rue Seutin.

Rue Floris. Frans Floris (vers 1519-1570) était un peintre anversois parti à Rome étudier Michel-Ange et Raphaël. Ses contemporains l'ont surnommé « le Raphaël flamand ». Avant la peinture, il s'était formé à la sculpture dans l'atelier de son oncle. Les Musées royaux des Beaux-Arts possèdent plusieurs de ses œuvres, dont un triptyque du Jugement dernier.

Rue Quinaux. Le Namurois Joseph Quinaux (1822-1895) peignait en plein air, face à son sujet, à une époque où beaucoup travaillaient encore de mémoire en atelier. En 1875, l'État belge a acheté son Gué sur la Lesse pour le musée national, où il se trouve toujours. Il habitait avenue Rogier et est mort à Schaerbeek.

Rue Metsys. Quentin Metsys (aussi écrit Massys, vers 1466-1530) était un peintre de premier plan de l'Anvers de la Renaissance et un ami d'Érasme et de Thomas More. Une légende populaire raconte qu'il était forgeron et qu'il est devenu peintre par amour. Son Triptyque de la confrérie de sainte Anne, peint pour Louvain en 1509, se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Fraikin. Charles-Auguste Fraikin (1817-1893) a perdu son père dans un accident de diligence à 15 ans et a dû se débrouiller seul. Il a été élu à l'Académie royale à 29 ans à peine et est devenu ensuite conservateur des sculptures du musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Il habitait chaussée de Haecht. Son Amour captif se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Van Oost. Jacob van Oost l'Ancien (1603-1671) s'est formé à Rome et est devenu le peintre officiel de la ville de Bruges. Son style sobre, fait d'ombre et de lumière, montre l'influence du Caravage. Sa Partie de musique appartient aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Place Eugène Verboekhoven. Eugène Verboeckhoven (1798-1881) était peintre, sculpteur et graveur, célèbre pour ses moutons, ses vaches et ses ânes. En 1830, il a pris les armes lors de la Révolution belge. Il est mort à Schaerbeek, où se trouvaient sa maison familiale et ses ateliers. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent une douzaine de ses œuvres, dont le patriotique Lion belge brisant ses chaînes.

Plus près de chez nous, son tableau Les ânes schaerbeekois, qui représente deux ânes, est accroché dans le bureau du bourgmestre à la maison communale. Schaerbeek est après tout la « cité des Ânes ». Certains esprits malicieux affirment que ce bureau compte en réalité trois ânes.

Regardez bien la plaque de rue : la place et l'arrêt de la STIB s'écrivent tous deux « Verboekhoven », sans « c ». Cette orthographe officielle est en réalité une faute d'orthographe historique : le nom de famille du peintre est Verboeckhoven.
Et pourquoi « Cage aux Ours » ? Le surnom vient d'une polémique au conseil communal en 1878. Le bourgmestre Guillaume Kennis (catholique indépendant) avait établi les plans du prolongement de la rue Royale Sainte-Marie au-delà du chemin de fer, avec un espace vert garni de gros moellons imitant des rochers. Henri Bergé, échevin de tendance libérale, a critiqué les rochers et les grilles et a comparé le site à la fosse aux ours du jardin zoologique de Berne, qu'il venait de visiter. L'expression a fait fortune et est toujours d'actualité.
Rue François-Joseph Navez. François-Joseph Navez (1787-1869) a étudié à Paris auprès de Jacques-Louis David et a rencontré Ingres à Rome. De retour à Bruxelles, son atelier a formé une génération de peintres, dont Jean-François Portaels, qui a aussi épousé sa fille. Son Portrait de la famille de Hemptinne se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Portaels. Jean-François Portaels (1818-1895) a remporté le prix de Rome en 1842 et a voyagé au Proche-Orient et dans les Balkans. Son atelier libre a formé des dizaines d'artistes, dont trois ont aussi une rue à Schaerbeek : Léon Frédéric, Josse Impens et Antoine Van Hammée. Il est mort à Schaerbeek et a eu des funérailles officielles à l'église royale Sainte-Marie. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent plus de 40 de ses œuvres.

Rue Capronnier. Jean-Baptiste Capronnier (1814-1891) était peintre-verrier. Son père, peintre sur porcelaine de la manufacture de Sèvres, s'est installé à Schaerbeek en 1820 et a redécouvert d'anciennes techniques du vitrail. Le fils a construit un grand atelier à Schaerbeek et a réalisé des vitraux pour des églises dans toute la Belgique, de Tongres à Turnhout. Ses vitraux ont même traversé la Manche : plusieurs églises de villages anglais, comme St Peter's à Chailey, dans le Sussex, en possèdent.

Rue Joseph Jacquet. Joseph Jaquet (1822-1898, notez l'orthographe sans « c ») était un sculpteur anversois formé dans l'atelier de Guillaume Geefs. Il a ensuite été le professeur du jeune Thomas Vinçotte. Il a réalisé le buste du bourgmestre schaerbeekois Achille Colignon et a siégé à la commission des Beaux-Arts de la commune. Son Âge d'or et un portrait du roi Léopold Ier se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Verwée. Alfred Verwée (1838-1895) a été l'un des premiers peintres belges à peindre animaux et paysages en plein air. Il a remporté une médaille d'or en 1863 pour son Attelage flamand. Moins connu : en 1891, il a cofondé « Knokke-Attractions », une société de promotion du tourisme à la côte. Il est mort à Schaerbeek. Douze de ses œuvres, dont L'Embouchure de l'Escaut, se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts. À l'angle de sa rue et de la place Colignon, sur la façade de l'ancienne maison Verwée (place Colignon 12), vous pouvez voir le monument dédié au peintre, réalisé par le sculpteur Charles Van der Stappen et installé en 1903.

Place Lehon. Henri Lehon (1809-1872) a mené plusieurs vies à la fois : peintre de marines, géologue, physicien, officier et professeur de dessin. Il a vécu à Schaerbeek en 1836, puis de 1839 à 1852. Sa place se trouve juste derrière l'église Saint-Servais.

Rue Teniers. David Teniers le Jeune (1610-1690) était un maître des scènes de taverne et des kermesses villageoises. Il a épousé Anne, fille de Jan Brueghel l'Ancien, et est devenu peintre de cour de l'archiduc Léopold-Guillaume à Bruxelles. Les Musées royaux des Beaux-Arts possèdent son tableau L'Archiduc Léopold-Guillaume dans sa galerie de peinture, un tableau rempli de tableaux. Selon l'histoire locale, c'est le sculpteur-bourgmestre Guillaume Geefs qui a proposé ce nom de rue.

Rue Van Ysendyck. Jules-Jacques Van Ysendyck (1836-1901) est l'architecte de la maison communale de Schaerbeek, place Colignon (1884-1889). Il a aussi dessiné les maisons communales d'Anderlecht et de Jette, inspirées des anciens hôtels de ville de Bruxelles, Louvain et Audenarde. Après l'incendie de 1911, son fils Maurice a reconstruit la maison communale de Schaerbeek.

Rue Kessels. Mathieu Kessels (1784-1836) est né à Maastricht, a travaillé à Saint-Pétersbourg, Paris et Bruxelles, et est mort à Rome. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent environ 75 de ses sculptures. Une copie en bronze de son Discobole se dresse dans les jardins du Palais des Académies.

Rue Édouard Fiers. Enfant à Ypres, Édouard Fiers (1822-1894) faisait l'école buissonnière pour modeler des figurines en argile sur les remparts. Il est devenu sculpteur et s'est installé à Schaerbeek. En 1893, il a offert à la commune son bronze Le Lien d'amour. Vous pouvez toujours le voir à la maison communale, dans la salle des mariages.

2. Josaphat, Lambermont et Terdelt
Avenue Albert Desenfans. Albert Desenfans (1845-1938) a habité Schaerbeek. Beaucoup de Bruxellois passent devant ses œuvres sans le savoir : des provinces sur les arcades du Cinquantenaire, des statues de métiers au square du Petit Sablon et Le Lys au Jardin botanique. Au parc Josaphat, cherchez deux de ses bronzes : Ève et le serpent (1890) et L'Élagueur (1895). Son buste en bronze de l'architecte Mathieu de Layens se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Godefroid Guffens. Le Hasseltois Godefroid Guffens (1823-1901) a peint de grandes fresques, notamment dans la cathédrale Saint-Quentin de Hasselt. Il a aussi été décoré en Prusse, de l'ordre de l'Aigle rouge. Il est mort à Schaerbeek. Son Départ pour la Terre sainte de Baudouin IX se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Herman Richir. Herman Richir (1866-1942) était peintre de portraits et d'allégories. Il a aussi dessiné des affiches Art nouveau, dont deux pour Delhaize, sous un pseudonyme amusant : « Hamner », anagramme de son prénom. Deux de ses tableaux se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Pierre Theunis. Pierre Theunis (1883-1950) a aidé son maître Thomas Vinçotte à terminer la statue équestre de Léopold II, place du Trône. À Schaerbeek, il a réalisé le buste du bourgmestre Arthur Dejase et a enseigné à l'école industrielle communale. Il est aussi l'auteur du monument aux fusillés du Tir national, au cimetière de Schaerbeek.

Rue Charles Vanderstappen. Charles Van der Stappen (1843-1910), fils d'un plafonneur et d'une couturière, a commencé à travailler à 11 ans comme apprenti. Il est devenu un professeur réputé, qui a formé notamment Rik Wouters et George Minne. Son précieux Sphinx mystérieux, en or, ivoire et pierres précieuses, se trouve au Musée Art & Histoire. Son Homme à l'épée est aux Musées royaux des Beaux-Arts. À Schaerbeek, il a aussi réalisé le monument à son collègue Alfred Verwée, place Colignon.

Rue Henri Jacobs. Henri Jacobs (1864-1935) est né juste à côté de l'école que dirigeait son père. Architecte, il est devenu le spécialiste de l'Art nouveau pour les écoles et les logements sociaux, à une époque où ce style était surtout réservé aux riches maisons particulières. À Schaerbeek, vous pouvez admirer son école de la rue Josaphat (1907).

3. Autour de la place de la Reine et de la rue Josaphat
Rue Van Dyck. Antoine van Dyck (1599-1641) a travaillé adolescent dans l'atelier de Rubens, qui le qualifiait de « meilleur de [ses] élèves ». Il est devenu peintre de cour du roi Charles Ier à Londres, et ses portraits élégants ont marqué la peinture anglaise pendant 150 ans. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent plus de 20 œuvres de sa main ou d'après lui.

Rue Geefs. Guillaume Geefs (1805-1883) était le sculpteur officiel du nouvel État belge, avec des statues pour des palais à Bruxelles, La Haye, Windsor et Lisbonne. Il a aussi été bourgmestre de Schaerbeek de 1852 à 1861. Il a épousé la peintre Fanny Corr, qui a fait son portrait. Elle est morte quelques heures après les funérailles de son mari. Son Lion amoureux se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Van Hammée. Antoine Van Hammée (1836-1903) s'est installé à Schaerbeek en 1865 et a dessiné lui-même la façade « pompéienne » de sa maison. Il est devenu le premier conservateur de l'actuel Musée Art & Histoire, au Cinquantenaire. Son Toast au Roi se trouve au Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire. Son fils Ernest a fondé le Palais des Sports de Schaerbeek en 1911.

4. Autour de la place Dailly et de l'avenue Rogier
Rue Artan. Louis Artan de Saint-Martin (1837-1890) a reçu une formation militaire avant de se tourner vers la peinture. Courbet et Corot l'ont conseillé à Paris. Il aimait la mer du Nord par tous les temps, et Nieuport lui a aussi dédié une avenue. Sa saisissante Épave (1871) fait partie des 16 œuvres de lui conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Avenue Clays. Le Brugeois Paul-Jean Clays (1817-1900) a navigué comme mousse dans sa jeunesse. C'est là qu'il a appris à lire l'eau et le ciel. Il est devenu peintre de marines, connu pour ses mers calmes en bleu, brun-rouge et blanc doux. Il est mort à Schaerbeek. Les Musées royaux des Beaux-Arts possèdent sept de ses marines.

Rue Léon Mignon. Le Liégeois Léon Mignon (1847-1898) a étudié à Rome avant de s'installer à Schaerbeek. Il a siégé à la commission des Beaux-Arts de la commune et a sculpté les bustes de ses amis peintres Alfred Verwée et Joseph Coosemans, qui ont eux aussi une rue toute proche. Son Combat de taureaux dans la campagne romaine se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Thomas Vinçotte. Thomas Vinçotte (1850-1925) était le sculpteur officiel du roi Léopold II. Il a réalisé le fronton du Palais royal et, avec Jules Lagae, le quadrige en bronze qui couronne l'arcade du Cinquantenaire. Il est mort à Schaerbeek et a aussi donné son nom à un arrêt de tram. Son Giotto en marbre, son premier grand succès, se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue François Bossaerts. François Bossaerts (1879-1960) est né à Schaerbeek, a peint des paysages de l'Ardenne et de la Campine, et a dirigé l'école communale n° 9 de l'avenue Dailly, fondée par son père. Son fils Lucien a été un pionnier de la télévision en Belgique : en 1951, il a capté à Bruxelles les émissions de la télévision française en direct, sans passer par l'émetteur de Lille.

Rue Joseph Coosemans. Joseph Coosemans (1828-1904) était receveur communal à Tervuren et a appris seul à peindre. Il est devenu l'un des premiers peintres de l'école de Tervuren. Il habitait rue Dupont. Son Chemin des artistes à Barbizon se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts. En 2004, la commune a exposé 49 de ses œuvres pour le centenaire de sa mort.

Rue Alexandre Markelbach. L'Anversois Alexandre Markelbach (1824-1906) s'est installé à Schaerbeek en 1858. Il a été conseiller communal de 1879 à 1890 et a présidé la commission qui a constitué la collection d'art de la commune. Ses Rhétoriciens d'Anvers s'apprêtant à une joute oratoire se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Eugène Smits. Eugène Smits (1826-1912) a étudié auprès de Navez, a vécu à Paris et en Italie, et en est revenu grand admirateur de Rubens et de la Renaissance. Il a longtemps habité Schaerbeek. Sa grande Marche des saisons (1868) fait partie des 36 œuvres de lui conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Henri Stacquet. Le Bruxellois Henry Stacquet (1838-1906) a peint des ports de pêche, des plages et des chemins de campagne. Il a été nommé officier de l'ordre de Léopold en 1903 et est mort à Schaerbeek. Son Estacade à Ostende se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Avenue Jan Stobbaerts. Jan Stobbaerts (1838-1914), fils d'un ébéniste anversois, s'est spécialisé dans les étables, les animaux de ferme et les vieilles cuisines. Il est considéré comme un pionnier du réalisme en Belgique. Il est mort à Schaerbeek. Plusieurs de ses œuvres se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Vandenbussche. Jean-Emmanuel Van den Bussche (1837-1908) a remporté le prix de Rome belge en 1863 et a peint des scènes d'histoire et des portraits. Il a fait le portrait de Joseph Coosemans, dont la rue est toute proche. Il habitait rue Rogier, et deux de ses filles sont aussi devenues peintres.

Rue Paul Devigne. Paul De Vigne (1843-1901) venait d'une famille d'artistes gantois. Son père a sculpté la statue de Jacques van Artevelde à Gand. Il a habité rue du Progrès et a passé ses dernières années à Schaerbeek. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent 23 de ses œuvres, dont des bustes d'artistes de son temps.

Rue Godefroid Devreese. Godefroid Devreese (1861-1941) a vécu 55 ans à Schaerbeek. Il a réalisé le Monument des Bienfaiteurs et le Vase des Bacchanales de l'avenue Louis Bertrand, offert à la commune après l'incendie de la maison communale en 1911. Clin d'œil : les Musées royaux des Beaux-Arts conservent son portrait de Herbert Hoover, qui a lui aussi une avenue à Schaerbeek.

Rue Frans Binjé. Frans Binjé (1835-1900) travaillait aux chemins de fer et peignait paysages et marines pendant ses loisirs, en grande partie en autodidacte. Il a rejoint les peintres de l'école de Tervuren et a exposé jusqu'à Berlin et Paris. Il est mort à Schaerbeek. Cinq de ses œuvres se trouvent aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Josse Impens. Josse Impens (1840-1905) a peint de joyeuses scènes d'auberges et de cabarets. Il s'est installé à Schaerbeek en 1893 et y a vécu à quatre adresses : rue Josaphat, rue de Brabant et deux fois avenue Rogier. La commune a donné son nom à cette rue en 1909. Son Cabaret flamand se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

5. Meiser, Plasky et Diamant
Avenue et square Eugène Plasky. Eugène Plasky (1851-1905) était un élève d'Antoine Wiertz et a peint la Campine, la côte et le Schaerbeek de son époque. Il habitait rue du Progrès. En 1909, la commune a donné son nom à une avenue et à un square. Aujourd'hui, son nom désigne tout un quartier : des milliers de Schaerbeekois disent « Plasky » chaque jour.

Rue Léon Frédéric. Léon Frédéric (1856-1940) a échoué au prix de Rome parce que sa palette était jugée « trop personnelle ». Il est devenu célèbre pour ses grands tableaux minutieux consacrés aux gens de la campagne. Il est mort à Schaerbeek. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent 35 de ses œuvres, dont le triptyque Les Marchands de craie et Les Âges du paysan. Un médaillon en bronze à son effigie, œuvre de Jules Lagae, ornait sa maison-atelier, chaussée de Haecht 232. Après la démolition de la maison, il a été placé sur une stèle au parc Josaphat (1972). Malheureusement, le médaillon a depuis été volé.

Avenue Adolphe Lacomblé. Adolphe Lacomblé (1821-1886) était à la fois peintre paysagiste et critique d'art. À partir de 1864, il a aussi été secrétaire communal de la Ville de Bruxelles. Avant de prendre son nom, son avenue s'appelait rue du Camée.
Place Wappers. Gustave Wappers (1803-1874) est devenu premier peintre du roi Léopold Ier en 1832. Son Épisode des journées de septembre 1830, qui montre la Révolution belge sur la Grand-Place, est un tableau clé de la jeune nation, conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts. La place se trouve rue du Noyer.

Rue William Degouve de Nuncques. William Degouve de Nuncques (1867-1935), né dans les Ardennes françaises, est devenu un maître des scènes nocturnes symbolistes. Le peintre Henry de Groux l'a pris comme modèle pour le visage du Christ dans son Christ aux outrages. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent 22 de ses œuvres.

Rue Henri Evenepoel. Henri Evenepoel (1872-1899) est mort à 27 ans seulement, mais a laissé plus de 50 œuvres aujourd'hui conservées aux Musées royaux des Beaux-Arts, dont Henriette au grand chapeau. Son grand-père habitait au 78 de la rue Dupont, à Schaerbeek.

Avenue Frans Courtens. Frans Courtens (1854-1943) était surnommé « le Rubens de la peinture paysagiste ». Jeune homme à Bruxelles, il a fréquenté une académie libre installée au-dessus d'un café appelé La Patte de Dindon. Les Musées royaux des Beaux-Arts conservent 13 de ses œuvres, dont Sous-bois et Drève ensoleillée.

Rue Camille Wollès. Camille Wollès (1864-1942), né à Saint-Josse, a peint des paysages et a exposé avec le cercle bruxellois L'Essor. Son frère Lucien était aussi peintre. Une de ses vues de canal se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Paul Leduc. Le Louviérois Paul Leduc (1876-1943) a débuté parmi les élèves de Joseph Coosemans à Tervuren. Il a peint les canaux et les ponts de Venise, le Midi de la France et l'Algérie. Il est mort à Schaerbeek. Sa Vue de Venise se trouve aux Musées royaux des Beaux-Arts.

Rue Jul Merckaert. Jules Merckaert (1872-1924) était un vrai Schaerbeekois : né ici, mort ici, avec son atelier ici. En 1898, il a été l'un des douze fondateurs du cercle artistique Labeur. Il a peint des scènes de rue et des vues de rivière.

À vous de vous promener
Choisissez un quartier, levez les yeux vers les plaques de rue, et vous verrez l'histoire de l'art belge autrement. Visitez ensuite les Musées royaux des Beaux-Arts, rue de la Régence, ou la maison communale de Schaerbeek, pour découvrir les œuvres derrière les noms.
Crédits photo
Toutes les images proviennent de Wikimedia Commons. Les tableaux et photos anciennes sont dans le domaine public, sauf mention contraire. Crédits particuliers : vitrail Capronnier à Chailey, photo Antiquary, CC BY 4.0. Portrait de Van Hammée, photo Pierre van Win, CC BY-SA 3.0. Sculptures de Desenfans et Kessels, photos Yair Haklai, CC BY-SA 4.0. Vinçotte, arcade du Cinquantenaire, photo Ad Meskens, CC BY-SA 3.0. Henri Jacobs, école Rodenbach, photo EmDee, CC BY-SA 3.0. Tableau de Lehon, photo JoJan, CC BY 3.0. Markelbach, Wappers et Jaquet : Rijksmuseum, CC0. Verwée, Âne : collection privée. Verboeckhoven, Les ânes schaerbeekois : maison communale de Schaerbeek, bureau du bourgmestre. Tableau de Massys, photo Ricardo Tulio Gandelman, CC BY 2.0. Tableau de Frédéric : Musée des Beaux-Arts de Gand, CC0.
Sources
Inventaire du patrimoine architectural, Schaerbeek : introduction urbanistique (urban.brussels)
Commune de Schaerbeek, « Histoire de la collection » (1030.be)
Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, collection en ligne (pages d'artistes, consultées en octobre 2026)
Wikipédia, « Liste des voies de Schaerbeek » et articles consacrés à chaque artiste
La Libre Belgique, « À Schaerbeek : noms d'artistes, noms de rues », 3 septembre 2001




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